Abbaye Sainte Marie de Maumont

Saint Jean d'Angély, ce mercredi 27 septembre 2017

Un pèlerinage aux sources
Le 27 septembre, à St Jean-d’Angély, un bus a déversé un groupe de voyageuses inhabituel : des moniales bénédictines ! Quelle était la raison de leur visite ?

Les sœurs de Maumont accomplissent un pèlerinage. Elles désirent faire mémoire de la fondation de leur communauté, entre 1816 et 1820. Mère Gertrude Coullaud, fondatrice des bénédictines à Saint-Jean-d’Angély, était une ancienne moniale de Saint-Maixent ; elle s’était engagée dans la vie monastique en 1778. Les troubles de la Révolution ayant expulsé les religieuses de leurs couvents, Mère Gertrude s’était réfugiée dans sa famille à St Jean en 1793. Dès que la France retrouva un peu de la stabilité perdue, Mère Gertrude réunit quelques anciennes religieuses, désireuses comme elle de reprendre leur genre de vie spécifique. Elle acheta un logement très modeste. En 1820 Mère Gertrude fut élue supérieure, elles reprirent la vie commune charpentée par la prière liturgique ensemble, à l’aide des livres apportés de Saint-Maixent.

St Jean entree deniort
Le monastère avant le départ des soeurs

Le premier but du pèlerinage des Sœurs de Maumont, cette année, est d’abord de rendre grâce pour la fidélité de ce petit noyau de femmes à l’appel du Seigneur.
Les années qui ont suivi ont été difficiles ! Grande pauvreté, difficulté à retrouver les conditions pour vivre selon la Règle de St Benoît, nécessité de la reconnaissance par l’évêque et le clergé du diocèse… Des jeunes de plus en plus nombreuses se sont présentées. En 1832 Mère Gertrude dut renoncer à sa charge et une de ses compagnes, Mère Scholastique Charrier, originaire de St Jean, la remplaça. En 1846 la communauté a élu sa première Abbesse : la communauté dès lors est devenue l’Abbaye Notre-Dame-des Anges de Saint-Jean-d’Angély. L’histoire continue avec ses tourments, ses tornades qui paraissent tout emporter, mais le charisme bénédictin ne meurt pas à St Jean d’Angély...

Allée des tilleuls
Saint Jean d'Angély

La deuxième raison du pèlerinage de vos sœurs de Maumont la voici : rendre grâces pour la solidarité entre Églises locales, entre des communautés partageant le même charisme, solidarité concrète exprimant une communion profonde, œuvre de l’Esprit Saint.
Enfin, le développement de la communauté et de la ville de Saint-Jean-d’Angély, pose question pour la survie de la petite communauté, entourée d’immeubles et de bruit. Comment mener une vie contemplative, fondée sur la prière, le silence, la solitude ? L’occasion de la vente d’une ancienne demeure en Charente profonde se présente... Comment ne pas se laisser séduire par le cadre champêtre entre Saintonge et Périgord ? L’idée d’un transfert chemine... et se réalise en 1959, sous la conduite audacieuse de l’Abbesse de ce temps là. Il faudra des mois, précisons quatre années, entre l’achat du domaine et la reprise de la vie contemplative cloîtrée.

Et l’histoire de la communauté fondée par Mère Gertrude... continue d’une manière imprévue. En 1994, le 2 août, solennité de Notre Dame des Anges, un appel retentit : Acceptez-vous d’aller semer la vie bénédictine en Guinée Conakry ? Quatre ans plus tard, le 14 septembre 1996, cinq sœurs s’envolaient.

La troisième raison du pèlerinage des moniales bénédictines de l’Abbaye de Maumont à Saint-Jean-d’Angély : une action de grâces pour un charisme vécu à Saint-Maixent, diocèse de Poitiers, conservé avec une fidélité indéfectible à St Jean, diocèse de la Rochelle, transplanté à Maumont, diocèse d’Angoulême, qui essaime en Guinée, diocèse de Conakry... Avec tout au long de la route le patronage de Notre-Dame des Anges : Saint-Maixent, les moniales de St Jean d’Angély, qui gardent le même patronage selon le désir de leur fondatrice, Sainte-Marie de Maumont, même si le nom de l’Abbaye a dû être légèrement changé, enfin l’appel de l’archevêque de Conakry le jour de la fête patronale. Oui rendons grâces pour la protection de la Mère qui, du ciel, accompagne notre « pèlerinage »

Que manifeste cette histoire, en apparence locale et limitée ? Une unité ecclésiale, entre les diocèses et leurs pasteurs, une unité charismatique qui permet reconnaissance et entraide, une unité capable de traverser les siècles - St Benoît au 6e siècle, ses disciples dans les aléas historiques - une unité ouverte aux divers continents avec leurs cultures.

 

Un dernier souhait : que ce pèlerinage d’action de grâces soit tout imprégné de la joie de l’Esprit Saint qui ne manquera pas de faire retentir l’écho de l’appel à la vie bénédictine dans un monde en recherche de sens et de spiritualité.

proue abbaye footer maumontAbbaye Saint Marie de Maumont
16190 Juignac