Abbaye Sainte Marie de Maumont

Une règle ? Partage d'une sœur

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... pour méditer et préparer la fête de Saint Benoït, ce 11 juillet ...

La Règle de St Benoît m’a ouvert le chemin pour aller frapper à la porte du monastère afin de vivre ma vie de baptisée, c’est-à-dire mettre en pratique l’Évangile dans une communauté (cf. Ac 2, 42-46). Comme le dit St Benoît au début du Prologue de sa Règle : « Je m’adresse à toi, qui que tu sois, qui renonces à faire tes volontés égoïstes et qui prends les armes très fortes et belles de l’obéissance pour combattre sous les ordres du Christ, le vrai Roi, notre Seigneur ».

Cet appel lancé s’adresse à chacun de nous, quelque soit le lieu, l’état de vie dans lequel nous nous trouvons, étudiant, travailleur, chômeur… L’Esprit Saint nous rejoint et parle à notre cœur.

Un peu plus loin dans son Prologue, Benoît ajoute : « Frères bien-aimés, qu’elle est douce cette voix du Seigneur qui nous invite. Voyez, dans sa tendresse, le Seigneur nous montre le chemin de la vie » (Pr 19). Comment ? La Règle de st Benoît est un peu pour moi comme un code de la route qui va m’indiquer les voies sans issue, les voies qui vont vers la mort, mais aussi les voies qui orientent vers la vie et le bonheur, une vie partagée avec des sœurs. Pour permettre à la vie du Christ de circuler entre les sœurs, Benoît nous donne des bases de vie à mettre en pratique. C’est pourquoi, à la tête de la communauté, il y a un Abbé, comme un berger qui veille sur ses brebis, qui veille à ce que l’amour fraternel et l’unité entre frères circulent au mieux. Je compare volontiers la règle à la parabole de la vraie vigne, le cep et les sarments dans l’évangile de Jn 15.

Les sarments, les frères ou les disciples, tirent la sève du cep, de la règle, ils ne peuvent vivre sans cette sève d’amour qui ne cesse de circuler, qui leur donne d’être, de donner du fruit en leur temps. La vigne a besoin d’être émondée, et nous, nous avons besoin de faire le tri entre le bon et le mauvais. C’est cela que me demande st Benoît : ce travail de discernement et de communion va me permettre d’entrer peu à peu dans la vie du Christ, et, comme lui, de donner ma vie.

Cela prend du temps, mais la Règle m’encourage à progresser pas à pas dans la confiance, l’espérance et l’amour du Christ.

St Benoît me donne aussi une tradition monastique à transmettre, à partager. Cette tradition se découvre au noviciat, pendant le temps de formation, puis en communauté, notamment en côtoyant nos sœurs aînées.

Ainsi, peu à peu, nous devenons plus libres, plus responsables, en construisant chaque jour la fraternité dans la solitude, la communion et la conversion du cœur.

Saint Benoît, comme un guide sur le chemin pour le pèlerin que je suis, m’a fait découvrir qu’il est possible, grâce au Christ, de vivre ensemble jusqu’au bout, de construire et reconstruire chaque matin l’unité de la communauté ; il m’a fait me découvrir moi-même avec mes faiblesses et mes dons mis au service de la communauté ; il m’apprend à aimer ma sœur telle qu’elle est, comme le Christ l’a aimée et m’aime, comme il aime chacun et chacune d’entre nous.

Pour moi, c’est cela oser vivre sous une Règle de vie et un Abbé, à la suite du Christ, sous la conduite de l’Évangile. 

Une sœur de Maumont

proue abbaye footer maumontAbbaye Saint Marie de Maumont
16190 Juignac